Céline Fabriès Publié le 10 avril 2017 par | Mis à jour à 10:30

Des commerçants en ont plein le dos des taxes

Zimm

Le propriétaire de la joaillerie Zimm’s sur la rue Saint-Jean, Vincent Zimmermann comme d’autres commerçants, a vu son compte de taxes depuis cinq ans augmenter d’une manière fulgurante à cause de l’évaluation immobilière du bâtiment qui abrite son local commercial.

Vincent Zimmermann est propriétaire du condo dans lequel il a installé sa boutique. Le local qui mesure 650 pieds carrés lui a coûté en taxe en 2016, 6 400 $. Monsieur Zimmermann est en colère parce qu’il est propriétaire d’un condo indivise, c’est-à-dire que chaque personne est propriétaire de son condo. Mais la Ville le voit comme une seule bâtisse et fait une évaluation sur la bâtisse et non sur chaque condo. Sauf que la valeur de la bâtisse augmente parce que la valeur des condos augmente également.

« Une bâtisse avec un seul propriétaire va par exemple être évaluée à 400 000 $, mais si ce sont des condos indivises, la valeur va passer à 1 200 000 $, et même si le taux de la taxe est le même, la taxe est calculée sur la valeur de la bâtisse et je me retrouve à payer trois fois plus cher », explique Vincent Zimmermann.

Dans la même situation que monsieur Zimmermann, Christian Laroche, propriétaire d’un local commercial sur René Lévesque Ouest abonde dans le même sens et doit payer la moitié des taxes pour garder sa locataire qui tient un salon de coiffure. « Si je ne veux pas la perdre, je n’ai pas le choix sinon elle partirait dans un local d’un bâtiment non indivise pour payer moins de taxes. »

Selon le joaillier, la Ville aurait dû s’adapter quand l’indivision a été créée pour éviter « une augmentation complètement folle  » de la valeur des bâtisses. « On le voit, la plupart des locaux commerciaux qui sont vides depuis trois-quatre ans, c’est parce que ce sont des condos indivises », souligne le commerçant qui lui-même n’arrive pas à vendre son condo même avec un prix bradé à 69 000 $.

« Quand je me fais dire par l’évaluateur de la Ville, qu’ils savent qu’il y a un problème avec les condos indivises commerciaux, il y a quelque chose que ne marche pas », révèle le propriétaire de la joaillerie Zimm’s. « On dirait que la Ville s’en fout parce que le local même vide rapporte des taxes, le propriétaire doit les payer. Sauf que, pour la vie du quartier, c’est épouvantable », accuse monsieur Zimmermann qui ne comprend pas pourquoi les élus ne font rien alors qu’ils en ont le pouvoir. « Même s’il y avait une petite perte, ça ferait en sorte que les quartiers revivraient un peu plus », poursuit-il.

Il y a deux ans, le commerçant s’est aussi battu avec la Ville pour changer la proportion commerciale de la bâtisse. Avant sa demande, la bâtisse était considérée comme à 60 % commerciales alors qu’il y a deux locaux commerciaux et quatre condos résidentiels. « Je suis allé faire changer ça pour que ça soit 40 % , sinon j’aurais payé 10 000 $ de taxe cette année », confie monsieur Zimmermann.

Après avoir baissé le pourcentage de 12 % à 6 % de la proportion commercial, Christian Laroche lui s’est entendu avec les copropriétaires de son immeuble pour transformer l’immeuble en divise, c’est-à-dire que les taxes vont être calculées par rapport à chaque condo et non sur l’immeuble, mais la plupart des propriétaires ne veulent pas comme dans le cas de monsieur Zimmermann parce que cela ferait baisser la valeur de leurs condos.

En 2013, les élus avaient voté la loi « Robin des bois » et baissé le taux de taxation commercial parce que les taxes étaient trop élevées.

 

 

 

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